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Notion d’analyse financière : solvabilité quelle différence avec la trésorerie ?

Dans le cadre du plan de relance post COVID, le législateur a annoncé des mesures qui ont pour objectif de renforcer les fonds propres des entreprises. Les mécanismes ne sont pas encore connus mais les instruments envisagés sont la création d’un label « relance » qui permettra à des investisseurs de long terme de prendre des participations au capital d’entreprises et le développement de prêts participatifs qui sont des financements assimilés à des fonds propres que les banques pourront refinancer par l’intermédiaire de fonds dédiés. Les prêts participatifs renforcent le haut de bilan de l’entreprise sans pour autant modifier sa gouvernance.

 

 

Ainsi après les PGE (Prêts Garantis par l’État) en avril 2020 dont l’objectif fut de soutenir la trésorerie des entreprises (avec les reports de charges), en cette fin d’année 2020, le législateur prend soin de la solvabilité des entreprises. Aussi quelle est la différence entre la solvabilité et la trésorerie ?

 

Pendant nos formations banque en analyse financière, que ce soit avec un public de responsable de clientèle bancaire, d’assureurs ou des chefs d’entreprises, nous leur demandons souvent leur définition de la solvabilité de l’entreprise. La réponse habituelle à cette question c’est la capacité de l’entreprise de payer ses dettes, d’avoir de la trésorerie. C’est effectivement une définition que l’on utilise dans la vie de tous les jours. 

 

Or en analyse financière nous donnons à cette notion de solvabilité une tout autre définition. La solvabilité, pour l’analyste financier, c’est la capacité de l’entreprise de faire face à des pertes. En effet, si l’objectif de toute entreprise est de gagner de l’argent, il se peut que dans des circonstances exceptionnelles les charges de l’entreprise deviennent supérieures aux produits amenant l’entreprise à constater un déficit. 

 

Comment l’entreprise peut-elle faire face à des pertes ? ou dit autrement comment est comptabilisé le résultat de l’entreprise ? Le résultat, en comptabilité,  est une composante des fonds propres de l’entreprise. En cas de pertes, il faut que les fonds propres soient suffisants.

 

Quel niveau de fonds propres optimal l’analyste financier doit-il demander à une entreprise pour quelle puisse être considérée comme solvable ? Ce niveau optimal se situerait selon les analyses bancaires autour de 20% du total du bilan. Toutefois, si l’entreprise est soumise sur son marché à de fortes turbulences économiques, un niveau plus élevé de fonds propres sera nécessaire car la probabilité de constater des pertes sera plus élevée que celle pour une entreprise sur un marché à la visibilité plus dégagée. A côté des fonds propres l’analyse financière pourra prendre en compte les comptes courants que les associés ont versé à l’entreprise s’ils sont destinés à rester pendant une durée longue. Nous parlons ici de quasi fonds propres qui peuvent aussi supporter les pertes de l’entreprise.

 

Nous comprenons que la trésorerie permet à l’entreprise de payer ses factures immédiates alors que la solvabilité assure à l’entreprise une pérennité à moyen et long terme. La solvabilité rassure les banquiers et financiers sur la solidité de l’entreprise. Ceux-ci peuvent plus facilement financer le besoin de trésorerie qui assurera la pérennité de l’entreprise. Nous avons là un cercle vertueux entre solvabilité et trésorerie, deux notions qui en apparence s’opposent mais qui en fait sont assez complémentaires.